Le blog

LSM, leçon 3 : planification d’opérations de maintenance

Tout réseau quel qu’il soit nécessite une maintenance régulière : télécommunications, réseaux ferrés ou autoroutiers, canalisations, etc.

Prenons le cas d’une concession autoroutière (exemple AREA, COFIROUTE ou encore SANEF). Quand on emprunte une autoroute de l’un de ces réseaux, il n’est pas rare d’observer des rétrécissements, des basculements de chaussée (signalisés par ces fameuses « cocottes » – Cf. image à gauche), des fermetures d’aires de repos ou encore des fermetures totales (souvent nocturnes). Les raisons de ces perturbations sont multiples… on distingue les imprévus (réparations suite à un accident par exemple) et les opérations planifiées comme l’entretien courant, les différentes mises en conformité ou encore les grands travaux d’aménagement ou de réparation. Gérer de telles interventions demande, vous en conviendrez, une attention particulière.

En 2009, j’ai conçu pour le compte d’un client un modèle avant-gardiste de planification et de suivi de l’ensemble de ses travaux. A cette époque, ce client venait de signer un accord avec l’État l’engageant à mettre en œuvre la requalification environnementale de son réseau. Principale conséquence : la multiplication par cinq de son nombre d’opérations à mener. Cinq grandes thématiques se sont donc ajoutées à celles habituellement gérées par cette concession : la protection de la ressource en eau, la préservation de la biodiversité, la réduction des émissions de CO², l’éco-rénovation des aires et les protections acoustiques.

La gestion de plusieurs centaines voir plusieurs milliers de kilomètres linéaires d’asphalte, sur différents axes, reliant différentes régions, n’est pas une sinécure tant les engagements vis-à-vis des usagers sont importants. Garantir le zéro accident, assurer la fluidité du réseau, tenir compte des aléas climatiques et calendaires (vacances, ponts, etc.), limiter les zones de travaux (en tenant compte des itinéraires !!!) demandent une toute nouvelle approche du sujet… cette approche, c’est le planning « Chemin de Fer ».

Le planning « Chemin de Fer » pour modéliser le réseau autoroutier…

1ère étape : choisir ce que l’on souhaite voir sur chaque planche ! Une planche est une représentation spatio-temporelle d’une section d’autoroute. Dans ce projet, j’avais opté pour une découpe par direction régionale (2 à 4 sections d’autoroute) en vue d’évaluer économiquement et matériellement la répartition globale des travaux en fonction des différents centres de coûts.

2ème étape : représenter le synoptique… pour cela il est important d’identifier les sens de circulation, les aires de repos et de services, l’évolution du nombre de voies de circulation, etc.

3ème étape : choisir comment représenter les opérations à réaliser… Le choix s’est opéré en fonction de l’impact que chaque opération peut avoir sur la chaussée et donc sur la circulation, de telle façon à anticiper le balisage nécessaire à la bonne exécution des travaux.

Ainsi…

  • chaque tâche prend sa couleur en fonction du sens de circulation concerné par les travaux. Une troisième couleur pour les tâches impactant les deux sens sont concernés. Une quatrième quand il s’agit de travaux hors « section courante ».
  • pour tout basculement de chaussée ou de fermeture d’aire le rectangle a été préféré.
  • pour tout rétrécissement de chaussée s’inscrivant dans la durée (plus d’une semaine), le rectangle a également été préféré.
  • pour toutes les autres opérations, la représentation s’est faite par de simples lignes.

4ème étape : Matérialiser l’impact des travaux dans le synoptique, de façon à avoir une double lecture : sur le planning pour avoir une vision précise des opérations (1), sur le synoptique pour repérer rapidement les zones qui vont être impactées par les travaux (2). Par cette approche, le planning est lisible et compréhensible de tous : des responsables de travaux à la direction générale. Le planning devient alors un outil de travail, d’anticipation et d’aide à la décision.

Le planning « chemin de fer » confirme une nouvelle fois qu’il permet de répondre à de nombreuses problématiques et synthétise de façon inégalée les projets linéaires, complexes par nature.